Réforme du CMG 2025 : ce qui change pour les parents employeurs et les assistant·es maternel·les
À partir de Septembre 2025, le Complément de libre choix du Mode de Garde (CMG) va connaître une réforme majeure. L’objectif de cette réforme est double : réduire le reste à charge pour les familles qui font appel à un.e assistant.e maternel.le ou à une garde d’enfant à domicile, et réduire certaines inégalités qui existent avec le calcul actuel.
Chez Pandi Panda, nous vous proposons une première lecture de cette réforme, en mettant en lumière les avantages concrets pour les familles et les professionnel·les de la petite enfance.
Le CMG aujourd’hui : un système qui atteint ses limites
Actuellement, le CMG est une aide financière versée par la CAF ou la MSA, destinée à compenser une partie des frais liés à l’emploi d’un.e assistant.e maternel.le ou d’un salarié à domicile. Toutefois, son fonctionnement repose sur plusieurs mécanismes qui créent des inégalités.
Premièrement, l’aide est plafonnée en fonction d’un seuil de rémunération journalier (dit Plafond CAF), équivalent à cinq fois le SMIC horaire brut. Ce plafond limite mécaniquement la rémunération de l’assistant.e maternel.le, d’autant plus dans les grandes villes où, si les besoins de garde dépassent cette limite, le parent-employeur perd toutes les aides.
Deuxièmement, les familles doivent assumer obligatoirement 15 % des frais de garde, quelles que soient leurs ressources, ce qui représente un effort financier supplémentaire pour les foyers les plus modestes. Cela crée également des inégalités entre les modes de garde, notamment avec les crèches, ce qui conduit certains parents à licencier leur salarié pour mettre son enfant en crèche.
Troisièmement, le barème du CMG repose sur des tranches de revenus rigides, ce qui entraîne des effets de seuil pouvant être injustes : une petite augmentation de salaire peut réduire l’aide de façon importante, représentant plusieurs centaines d’euros.
Enfin, le CMG diminue de près de moitié dès que l’enfant atteint l’âge de trois ans, ce qui provoque une rupture brutale dans l’équilibre budgétaire des familles. Ces limites freinent l’accès à l’accueil individuel, perçu comme plus coûteux que la crèche, et contribuent à entretenir des inégalités d’accès selon les revenus.
Ce que la réforme change en 2025
La réforme prévue pour Septembre 2025 vise à moderniser le système et à corriger ces déséquilibres. Le CMG ne sera plus plafonné à cinq SMIC journaliers : chaque heure de garde sera désormais prise en compte, sans limitation arbitraire. De plus, le reste à charge obligatoire de 15 % sera supprimé. Les familles à faibles revenus pourront bénéficier d’un soutien pouvant couvrir jusqu’à 100 % des frais de garde, en fonction de leur situation.
Le calcul du CMG sera linéaire et individualisé. Il reposera sur quatre variables:
- Le revenu du foyer (et non plus des tranches)
- Le nombre d’heures de garde mensuelles
- Le taux horaire tout compris de l’assistant.e maternel.le (IE, IR compris)
- Le nombre d’enfants des parents
La réforme introduit également plusieurs avancées pour mieux répondre aux situations particulières. Le CMG sera dorénavant versé jusqu’aux 12 ans de l’enfant pour les familles monoparentales, au lieu de 6 ans actuellement.
En cas de résidence alternée, chacun des deux parents pourra percevoir une aide, calculée en fonction de ses périodes de garde.
Enfin, le niveau de l’aide ne sera plus réduit à partir de 3 ans : les familles conserveront le même soutien financier au-delà de l’entrée à l’école.
Qu’est-ce que le Taux d’Effort Horaire (TEH) ?
Le Taux d’Effort Horaire (TEH) est un indicateur utilisé pour calculer le reste à charge horaire pour les parents. Ce taux varie en fonction des ressources et du nombre d’enfants à charge, à la manière de la tarification pratiquée dans les crèches publiques sous le régime PSU. Ainsi, adieu les différences entre crèches PSU & assistant.e maternel.le. À revenus comparables, deux foyers auront un reste à charge similaire, qu’ils choisissent une crèche ou un.e assistant.e maternel.le. Et cela constitue une très bonne nouvelle.
Les familles auront donc le choix entre mode de garde individuel ou collectif en ne prenant plus en compte l’aspect financier, c’est donc une avancée pour la profession.
Ci-dessous, le tableau de taux d’effort horaire.
| Enfants à charge | Crèches PSU | Assistant maternel | Garde d’enfants |
| 1 | 0,0619 % | 0,0619 % | 0,1238 % |
| 2 | 0,0516 % | 0,0516 % | 0,1032 % |
| 3 | 0,0413 % | 0,0413 % | 0,0826 % |
| 4 à 7 | 0,0310 % | 0,0310 % | 0,0620 % |
| 8 et + | 0,0206 % | 0,0206 % | 0,0412 % |
Calcul du TEH personnalisé
Pour déterminer le montant du reste à charge horaire, il convient d’abord de calculer le Taux d’Effort Horaire Personnalisé (TEHP). Ce taux s’appuie sur un coût horaire de référence, actuellement fixé à 4,85 euros (ce montant reste à confirmer par décret). L’aide versée sera proportionnelle au nombre d’heures de garde déclarées dans le mois, dans la limite d’un plafond fixé à 8 € nets par heure. Ainsi, plus une famille recourt à des heures de garde, plus l’aide augmente, selon un calcul transparent.
Un autre changement significatif concerne la prise en compte du coût réel de l’accueil. Celui-ci inclut le salaire net de l’assistant·e maternel·le, les indemnités d’entretien et les frais de repas. Ces éléments seront désormais intégrés dans le calcul du CMG, ce qui signifie que les indemnités seront également partiellement prises en charge.
La formule de calcul du TEH personnalisé est la suivante :
TEHP= (Coût horaire réel / Coût horaire de référence) × TEH
Calcul du reste à charge
Une fois le TEH personnalisé déterminé, il devient possible de calculer le reste à charge mensuel de la famille. Ce montant correspond à la participation financière attendue, en fonction de ses ressources et de son recours à l’accueil.
La formule est simple :
Reste à charge = Ressources mensuelles du foyer × TEH personnalisé × Nombre d’heures mensualisées
Envie de tester ce calcul pour votre propre situation ?
Nous avons préparé un simulateur dédié pour vous permettre d’y voir plus clair. Quelques ajustements sont encore en cours, mais il vous donnera déjà une bonne idée des effets concrets de la réforme.